Calculer les pertes de charge dans une canalisation : méthodes et conseils pratiques

Le calcul des pertes de charge dans les canalisations est fondamental pour concevoir des réseaux hydrauliques performants, que ce soit en milieu industriel ou urbain. Les pertes de charge correspondent à la diminution de pression subie par le fluide, due aux frottements et aux obstacles rencontrés.

Les deux types de pertes de charge : 

  • Pertes de charge régulières : générées par le frottement du fluide contre les parois le long du tuyau.
  • Pertes de charge singulières : causées par les accessoires comme coudes, vannes, rétrécissements, entrées et sorties, etc.
Calculer les pertes de charge dans une canalisation : méthodes et conseils pratiques

La formule de référence est celle de Darcy-Weisbach :

  • ΔH : perte de charge (mètre de colonne d'eau)
  • Λ : coefficient de perte de charge (sans unité)
  • L : longueur du tuyau (m)
  • D : diamètre intérieur (m)
  • V : vitesse du fluide (m/s)
  • g : accélération de la pesanteur (9,81 m/s²)


Sans entrer dans le détail, on constate que les pertes de charge sont fonction du carré de la vitesse d’écoulement. Doubler la vitesse d’écoulement va quadrupler les pertes de charge générées. C’est un point déjà abordé dans un précédent article, consacré aux économies réalisées en faisant fonctionner une pompe à demi-débit. 

Chaque accessoire (coude, vanne, té, entrée, sortie…) introduit une perte localisée. La formule est  : 

  • K : coefficient de perte lié à la singularité, dépendant de sa forme et son type


Pour simplifier le calcul, il est possible d’utiliser des tables de conversion qui permettent de transformer les pertes des singularités en « longueur équivalente » de canalisation. Par exemple, un coude ou une vanne correspond à quelques mètres de tuyau additionnel. Il suffit alors d’ajouter cette longueur équivalente au calcul des pertes régulières et de traiter le tout comme une longueur globale. 

Pour gagner du temps et éviter les calculs complexes, les professionnels utilisent des abaques : ces graphiques ou tables renseignent directement la perte de charge pour un débit, un type de fluide, une canalisation donnée et un accessoire. On y trouve également des valeurs moyennes pour le coefficient de frottement, afin de faciliter la conception en phase d’étude.

Étapes pratiques du calcul : résumé

  1. Déterminer le débit et le diamètre interne du tuyau. Avec ces informations, vous pourrez calculer la vitesse d’écoulement de l’effluent dans le tuyau.
  2. Utiliser la formule de Darcy-Weisbach (ou un abaque) pour les pertes régulières.
  3. Recenser les accessoires et convertir leurs pertes singulières en longueur équivalente via des tables.
  4. Additionner la longueur totale (réelle + équivalente) pour calculer la perte globale.


N’oubliez pas qu’aux pertes de charge, il faudra ajouter la hauteur géométrique à relever pour obtenir la HMT (Hauteur Manométrique Totale). 


En conclusion,


Ce travail méthodique, soutenu par les abaques et tables de conversion, permet de concevoir des réseaux fiables tout en optimisant les dimensions des équipements. Une meilleure estimation des pertes de charge conduit à des choix de pompes et de tuyaux plus justes, pour une installation durable et économique.


Il vous permettra également de comparer deux diamètres de canalisation et les consommations énergétiques qui en découleront. Ainsi, vous pourrez calculer le retour sur investissement de l’utilisation d’un plus gros diamètre pour un débit donné.

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