Pourquoi augmenter le débit d’un poste de relevage urbain existant ?


Le développement d’un nouveau lotissement, la création d’une zone industrielle ou artisanale, l’imperméabilisation croissante des sols ou encore l’évolution climatique (orages plus fréquents et plus intenses) génèrent une augmentation significative des débits à relever sur les postes urbains existants. Dans de nombreux cas, les pompes submersibles en place sont déjà proches de leurs limites hydrauliques ou mécaniques, et le dimensionnement initial du génie civil ne permet pas d’installer des machines plus volumineuses. 

Classiquement, la réponse consiste à construire un nouveau poste de relevage en parallèle du poste existant, avec une bâche plus grande, des pompes plus puissantes et une nouvelle canalisation de refoulement. Cette solution, bien que techniquement efficace, entraîne des surcoûts importants : acquisition de foncier ou extension d’emprise, travaux de terrassement lourds, étude géotechnique, adaptation ou dévoiement des réseaux, gestion d’une phase transitoire avec basculement du pompage et possible indisponibilité partielle du service. 

De plus, un niveau de nappe phréatique élevé, un sous-sol rocheux, un dénivelé important ou la présence d’ouvrages enterrés (réseaux, galeries, fondations) peuvent compliquer fortement, voire rendre impossible, la création d’une nouvelle station enterrée. Dans ce contexte, la recherche d’une solution limitant au maximum le génie civil, tout en augmentant sensiblement le débit de pompage, devient un enjeu majeur pour les exploitants, maîtres d’ouvrage et bureaux d’études.
Pourquoi augmenter le débit d’un poste de relevage urbain existant ?
Lorsque le débit à relever augmente, la première idée consiste souvent à « pousser » davantage les pompes existantes grâce à un variateur de fréquence ou à les faire fonctionner simultanément en parallèle. Ces approches présentent toutefois des limites hydrauliques et mécaniques qu’il est indispensable de bien maîtriser. 

Augmenter la vitesse de rotation par variateur de fréquence permet de faire croître le débit et donc la HMT de la pompe, conformément aux lois d’affinité. Mais les pertes de charge dans la canalisation de refoulement augmentent avec le carré de la vitesse, comme le rappelle l’équation de Darcy–Weisbach, ce qui fait très rapidement dériver le point de fonctionnement vers des HMT élevées. On atteint alors les limites de puissance du moteur, du variateur et de la courbe hydraulique de la pompe, avec des risques accrus de cavitation, de vibrations et de fonctionnement en zone hors rendement optimal. 

La mise en parallèle de deux pompes identiques ne permet pas de doubler le débit comme on le croit parfois. Sur un réseau donné, la courbe de circuit s’oppose à cette augmentation théorique : le gain de débit reste souvent marginal, quelques pourcents seulement, suivant la pente de cette courbe de circuit, pour une forte augmentation de la consommation énergétique. 

Enfin, remplacer les pompes submersibles par des modèles plus puissants bute généralement sur des contraintes d’encombrement et de poids : fosse trop étroite, hauteur d’eau insuffisante pour le refroidissement, limite admissible des systèmes de levage, et risques de décantation si l’on surdimensionne la canalisation pour un débit de pointe rarement atteint. Ces constats ouvrent la voie à une approche différente : sortir les pompes de la fosse et passer sur une station de relevage « hors sol » équipée de pompes auto-amorçantes.

L’idée consiste à conserver le poste enterré existant comme simple regard d’aspiration, en y implantant uniquement les canalisations d’aspiration et éventuellement des équipements de mesure de niveau, et à déporter les pompes en surface. On s’affranchit ainsi des contraintes dimensionnelles de la fosse et l’on peut installer des pompes centrifuges auto-amorçantes de gabarit supérieur, dimensionnées pour les nouveaux débits et HMT de projet. 

L’installation de la station « hors sol » se fait sans interruption de service, puisque les pompes submersibles existantes peuvent continuer à fonctionner pendant la mise en place des nouvelles canalisations d’aspiration. 

Hydrauliquement, l’utilisation de pompes auto amorçantes « hors sol » permet :

  • de ne plus dépendre d’un volume mort en fosse pour le refroidissement des moteurs submersibles ;
  • de réduire fortement le volume de marnage, donc de limiter les temps de séjour, les dépôts et les risques d’H₂S ;
  • d’augmenter le débit pour cette nouvelle demande et les demandes futures

En configuration dite « station Turbo », la mise en série ponctuelle de deux pompes auto-amorçantes permet de vaincre des pertes de charge élevées dans une canalisation de refoulement existante et de porter le débit à un niveau qui serait inatteignable avec de simples pompes en parallèle. La même architecture peut être exploitée pour organiser des séquences de curage de la conduite : l’automate laisse monter le niveau en fosse, puis lance les deux pompes en série pour envoyer un débit et une pression élevés, mettant en suspension les éléments décantés.

Du point de vue exploitation, les avantages sont tout aussi significatifs :

  • plus de travaux en espace confiné, les équipes interviennent en surface dans un environnement accessible
  • plus de palan ni de manutention verticale lourde pour extraire les pompes ;
  • accès direct à l’hydraulique, aux garnitures, à la motorisation et à l’instrumentation, ce qui réduit les temps d’immobilisation en maintenance ;
  • possibilité de faire évoluer ultérieurement la puissance du moteur ou le modèle de pompe si le débit de pointe augmente à nouveau.

En réhabilitation de poste ou lorsqu’on ne dispose que d’un simple regard, cette stratégie permet de mettre en œuvre une solution de pompage au débit et à la pression requis par l’application, sans toucher au génie civil existant ni remplacer la canalisation de refoulement. On s’offre ainsi une réserve de flexibilité pour les futurs besoins, tout en sécurisant le fonctionnement hydraulique et la maintenance sur le long terme. 

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Dans le cas d’une réhabilitation d’un poste existant ou lorsque seul un regard est disponible, la station “hors sol” permettra de mettre en oeuvre la solution de pompage au débit et à la pression que requiert l’application, sans devoir changer le génie civil en place.

Fiche technique

Lorsque l’évolution du débit de pointe ne peut être pompée par les pompes en place au travers du réseau existant, la station Turbo, par la mise en série de pompes auto-amorçantes ponctuellement lorsque l’application le requiert, est la solution simple et efficace à mettre en oeuvre.

Fiche technique